|
E. Le Programme Communautaire d'Aide et de Sécurité Alimentaire 1. Objectifs et Principes Le processus de réforme a trouvé son aboutissement juridique le 27 juin 1996 avec le règlement du Conseil N°1292/96 concernant la politique et la gestion de l'aide alimentaire et des actions spécifiques d'appui à la sécurité alimentaire. Ce nouveau règlement répond à 3 grandes orientations de la nouvelle politique : ·
le renforcement du partenariat avec les pays bénéficiaires
·
l'adéquation à la spécificité et à
la dynamique des situations d'insécurité alimentaire ·
l'insertion dans une politique de coopération au développement
La programmation de l'aide communautaire répond aux caractéristiques suivantes : Elle est active car basée d'abord sur une analyse-diagnostic des situations d'insécurité alimentaire et sur une concertation avec les différents intervenants et partenaires de la politique communautaire. Elle est globale car intégrée dans une politique cohérente d'aide au développement. Dans les situations de crise, l'approche met l'accent sur le lien entre l'urgence et le développement. Elle est transectorielle. Ses éléments relèvent en effet de la lutte contre la pauvreté, du secteur agricole, de l'environnement, des transports, de l'appui au secteur privé, de la prévention des crises, etc. Elle est flexible grâce à une palette d'instruments diversifiés et complémentaires. Elle est ciblée sur des pays prioritaires et sur les populations vulnérables. Elle est coordonnée à l'intérieur de la Commission européenne et à l'extérieur avec les donateurs et partenaires, aussi bien au niveau du terrain qu'au niveau des sièges. Elle est définie de façon cohérente et complémentaire vis à vis des autres politiques sectorielles et des autres interventions conduites au niveau national et régional . Les changements opérés dans le cadre de cette réforme reflètent deux grandes tendances : L'aide directe est réaffirmée Une fois négociée entre la Commission européenne et le pays bénéficiaire, l'aide directe est dans la plupart du temps budgétisée par le gouvernement qui se retrouve ainsi mieux responsabilisé dans le programme. Cette évolution souligne aussi la volonté de réduire l'aide en nature au profit d'une aide financière. L'aide indirecte est renouvelée L'aide indirecte qui passe par des organisations internationales, comme le PAM et la FAO, est maintenue. Celle en partenariat avec les Ong comporte trois innovations majeures : - l'élargissement du partenariat aux Ong du Sud, - le financement de programmes de développement orientés vers la sécurité alimentaire, - la pluri-annualité des financements. 2. Les instruments En plus de l'aide alimentaire traditionnelle, le programme communautaire peut désormais financer pratiquement toutes les mesures d'accompagnement au développement des différents secteurs qui concernent la sécurité alimentaire. Aide alimentaire en nature, aide financière et financement d'actions spécifiques d'appui à la sécurité alimentaire : le choix des instruments permet de s'adapter à la diversité des situations d'insécurité alimentaire. L'aide en nature se diversifie L'aide en nature peut consister en livraison de denrées alimentaires mais aussi en fourniture de semences, d'outils et d'intrants. Elle peut s'accompagner d'une assistance technique et d'actions de sensibilisation et de formation. Les achats locaux et/ou triangulaires sont privilégiés afin de mieux prendre en compte les habitudes de consommation locales, et d'encourager la production et les échanges au niveau national et régional. L'aide financière est développée Dans le souci de s'attaquer davantage aux problèmes structurels qui sont à l'origine des crises alimentaires, l'aide financière se développe selon 2 grands axes : ·
la facilité en devises ·
le financement d'actions d'appui à la sécurité alimentaire
" Les actions d'appui à la sécurité alimentaire sont des actions d'aide financière et technique visant [..],à une amélioration de la sécurité alimentaire durable et à long terme en contribuant notamment au financement : - de la fourniture
de semences, d'outils et d'intrants essentiels à la production
vivrière, Article 5
du Règlement N°1292/96 3. Les Outils d'Appui à la Commission Pour l'appuyer dans la mise en uvre de cette nouvelle réglementation, la Commission dispose de différentes structures. D'une part les assistants techniques de sécurité alimentaire dans les pays prioritaires qui appuient l'identification des programmes, le suivi de leur mise en uvre et leur évaluation. Délégations dans 19 pays prioritaires Les pays prioritaires de Commission pour la sécurité alimentaire sont les pays à faible revenu, à forte dépendance alimentaire et à niveau d'insécurité alimentaire élevé et qui sont susceptibles de s'engager sur des politiques de sécurité alimentaire à long terme. Il s'agit actuellement des pays suivants : - Amérique Centrale : Honduras et Nicaragua - Haïti - Amérique Andine : Bolivie et Pérou - Corne de l'Afrique : Ethiopie et Yemen - Sahel : Burkina Faso, Cap Vert, Mauritanie, Niger - Madagascar - Malawi et Mozambique - Bangladesh - Caucase et Asie Centrale : Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Kirghizistan, Tadjikistan Pays en crise Les pays en crise ou en phase de post-crise sont les pays ayant des besoins d'aide pour la sécurité alimentaire mais où la situation politique et/ou économique ne permet pas d'engager un dialogue sur une stratégie de sécurité alimentaire à long terme. En 1999, les pays en crise appuyés directement par la Commission dans le cadre d'un programme de sécurité alimentaire étaient : le Libéria, l Sierra Leone, la Corée du Nord, la Somalie, le Soudan, le Rwanda, l'Angola, la Palestine, l'Afghanistan et le Tadjikistan.
Le Resal est composé de 9 équipes " pays " et d'une équipe de cooridnation. Chaque équipe pays, pour la zone dont elle a la charge et en étroite coordination avec la Commission européenne mène les activités suivantes : ·
collecte et analyse des informations disponibles permettant d'établir
un suivi des situations d'insécurité alimentaire adapté
à la nature des problèmes rencontrés et aux besoins
des utilisateurs, L'équipe de coordination, mène les activités suivantes : ·
appui à la capitalisation et à la réflexion à
partir des contributions des équipes et à la demande de
la Commission européenne, La diffusion
des informations produites par le Resal relève de la Commission
européenne. Ces documents sont diffusés sur support papier
et sont accessibles sur le site Web http://www.resal.org/ |